Proton veut démontrer concrètement ce que les conversations avec une intelligence artificielle peuvent révéler sur nous. L’entreprise suisse lance AI Paper Trail, un outil gratuit capable d’analyser l’historique exporté depuis ChatGPT ou Claude afin d’identifier la quantité d’informations personnelles accumulées au fil des échanges. Le principe est simple. L’utilisateur télécharge d’abord son historique depuis les paramètres de ChatGPT ou Claude, sous la forme d’un fichier, puis le dépose sur AI Paper Trail. L’outil passe alors en revue parfois plusieurs mois ou années de conversations et produit un rapport détaillé. Selon Proton, les fichiers sont analysés sans être conservés sur les serveurs de Lumo, son assistant d’intelligence artificielle, et le résultat reste accessible uniquement à l’utilisateur.


Le rapport dresse notamment un inventaire des informations repérées : profession, habitudes, centres d’intérêt, relations, adresse ou autres éléments personnels. AI Paper Trail attribue aussi un « profil de confidentialité » et un score d’exposition à l’intelligence artificielle, calculé selon le nombre et la sensibilité des données retrouvées. L’outil va même jusqu’à estimer en dollars la valeur économique potentielle de ces informations pour un fournisseur d’IA. Une fiche récapitulative peut ensuite être partagée sans révéler les données personnelles elles-mêmes.


Proton profite évidemment de ce lancement pour mettre en avant son propre modèle de confidentialité. Selon l’entreprise, les grandes plateformes comme ChatGPT, Claude ou Gemini peuvent conserver différents types d’informations : conversations, fichiers importés, fréquence d’utilisation, durée des sessions, adresse IP, navigateur, système d’exploitation, localisation approximative ou encore données de compte. Leur durée de conservation et leur éventuelle utilisation pour l’entraînement ou des usages commerciaux dépendent toutefois des services et des paramètres sélectionnés. À l’inverse, Proton présente Lumo comme une alternative davantage centrée sur la confidentialité. Sa version 2.0, testée fin juin 2026, repose sur les modèles ouverts Qwen 3.5 et GLM 5.2, exécutés sur des serveurs européens contrôlés par Proton, avec une couche de chiffrement de bout en bout, c’est-à-dire conçue pour empêcher un tiers d’accéder au contenu pendant son transfert. AI Paper Trail ne fonctionne pour l’instant qu’avec les exports de ChatGPT et Claude. Proton prévoit toutefois d’ajouter d’autres plateformes. Son message est clair : avant de confier sa vie à un chatbot, mieux vaut savoir ce qu’on lui a déjà raconté.

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